Utilisation des Kotodamas

 

Pendant une après midi, je vous propose de pratiquer des méditations chantées avec les kotodamas reiki. Cet atelier est réservé aux initiés de niveau II minimum. Il est indispensable de connaître les symboles et les mantras associés ainsi que d'avoir déjà travaillé avec eux.

Les kotodamas sont un peu comme des mantras ou des jumons. C'est une pratique courante du Shintoïsme. Le cœur de la théorie des Tokodamakotodamas repose sur le principe que les mots et leurs composants sonores peuvent influencer la réalité lorsqu'ils sont prononcés d'une façon spécifique. Il existe un lien entre le son, la prononciation et le mot en lui-même puis il existe aussi un lien entre le mot et la situation, la personne, le concept, la chose ou l'événement décrit par ces mots. Au final, une pensée, une idée ou un désir peut devenir réalité en le verbalisant d'une certaine façon avec une attention particulière. Tout ceci est plus connu dans le monde religieux par la pratique de la prière. Les initiés de niveau II de Reiki Usui peuvent travailler avec des symboles qui donnent une attention ou une orientation particulière à l'énergie. Ils "spécialisent" l'énergie dans une volonté d'agir spécifique à chaque symbole.

Au niveau II, on réalise des "phrases" avec les symboles pour obtenir certaines actions et chaque symbole est prononcé mentalement ou à haute voix 3 fois. On y apprend également à réaliser des "programmations" ou des "reiki de situation". Dans ce cas, nous utilisons justement des mots qui vont former des phrases et je porte toujours l'attention sur la façon d'écrire ou de prononcer le "programme" car les mots sont importants et déterminants dans l'efficacité de l'action que l'on veut mettre en œuvre. On se rapproche ainsi du kotodama avec des mots verbalisés d'une certaine façon qui vont être prononcés ou utilisés avec une attention particulière fournie par l'énergie du Reiki.

Les kotodamas vont plus loin car non seulement des mots spécifiques sont utilisés mais le son des mots prononcés et la façon de les prononcer vont augmenter encore plus l'action à mettre en œuvre. Ce qu'on appelle les kotodamas du Reiki Usui sont les sons sacrés associés à chacun des symboles. Ils sont composés de syllabes et on trouve dans la littérature que ces sons ont précédé les symboles lorsque Usui Sensei a reçu la technique Reiki.

Lors de sa canalisation, il aurait reçu d'abord les kotodamas puis les symboles. On dit également qu'au début de l'enseignement d'Usui Sensei, les kotodamas étaient enseignés à la place des symboles. Tout se faisait en chantant les symboles pendant les séances de Reiki. C'est lorsqu'il a voulu initier un de ces disciples, Chujiro Hayashi, qui était officier retraité de marine, qu'il a dû inventer les symboles que nous connaissons car Chujiro souhaitait initier des soldats ne voulait pas leur apprendre à chanter les kotodamas. Il lui fallait quelque chose de plus militaire !!! Les symboles ont été intégrés à l'enseignement du Reiki à partir de ce moment alors qu'au tout début Usui n'enseignait que les kotodamas.

Aujourd’hui, certaines personnes affirment que Usui Sensei enseignait la pratique de kotodama aux étudiants de niveau II (okuden).

Le terme : kotodama lui-même se traduit de manière simpliste par « mot esprit » et fait référence a un état spirituel ou un Tokodama reikiressenti, induit par la beauté de « mots-sons » quand ils sont correctement psalmodiés. (De manière plus complète, le kotodama englobe la notion que le bien peut être provoqué par de beaux « mots-sons » correctement psalmodiés et que le mal peut être provoqué par de vilains « mots-sons » – ou par de beaux « mots-sons » prononcés incorrectement). Le kotodama est connecté de façon inséparable avec le concept de kotomuke (« les paroles reposantes qui amènent la paix ») et de kotohe (la pratique qui consiste à parler fort en présence des kami (êtres divins), cherchant à invoquer les pouvoirs magiques des mots). Alors que le kotodama est essentiellement une pratique dérivée du shinto, le bouddhisme japonais mikkyo a sa propre pratique équivalente connue sous le nom de jumon ou de shingon.

Du point de vu du Shintoïsme, le praticien reiki qui psalmodie/répète CKR, SHK, HSZSN, DKM, (que ça soit silencieusement ou à voix haute), en méditation ou lors de traitements reiki, est un exemple typique de jumon (incantation) en action. Les shirushi (symboles) reiki eux-mêmes peuvent d’une certaine manière être considérés comme des nenriki, et les gestes spécifiques ou positions de doigts enseignés par Usui Sensei peuvent être considérés comme des ketsu-in.

 

Le kotodama de Ueshiba :

L’un des instigateurs modernes les plus célèbres de l’art du kotodama était Morihei Ueshiba, fondateur de l’art martial spirituel, l’Aïkido. Ueshiba a consacré de nombreuses années à l’étude et la pratique de kotodama, et au cours des années, il a formulé sa propre version de cette discipline qu’il a incorporée au système de l’Aïkido. Le cœur du système kotodama de Ueshiba repose sur l’intonation de la syllabe élémentaire SU.

SU représente le centre absolu du monde matériel, le noyau même de l’existence, le début de toutes choses. C’est l’essence de ce qui existait au moment précis de la création de l’univers. Les autres syllabes primaires incluent:

  • YU – signifiant l’affirmatif : « oui », « c’est », « quelque chose »

  • MU – signifiant le négatif : « non », « ce n’est pas », « rien »

Et les sons des voyelles A-O-U-E-I

  • A – signifiant « monter » – est émis dans la gorge et la bouche

  • O – signifiant « descendre » – est émis prêt du cœur

  • U – signifiant « retourner à soi » – est émis profondément dans le hara

  • E – signifiant « s’étendre » – est émis d’une manière ou il est senti émaner de tout le corps

  • I – signifiant « la force de vie » – est émis d’une manière ou il vibre puissamment et émane/se projette à l’extérieur du corps

 

Le kotodama de « Usui »

  • A – est prononcé « a »

  • O – est prononcé « o »

  • U – est prononcé « ou »

  • E – est prononcé « è » (bien que certains le prononcent « èieu »)

  • I – est prononcé « i »

Au-delà des sons de voyelles, les syllabes primaires suivantes sont apparemment utilisées dans la forme de kotodama de « Usui » :

  • KU est prononcé « kou »

  • KI est prononcé « ki »

  • HO, KO, YO sont prononcé « ho », « ko », « yo »

  • NE – « nè » (bien que certains le prononcent « nèieu »

  • ZE – « zè » (bien que certains le prononcent « zèieu »

On enseigne actuellement que Usui Sensei à utilisé principalement quatre kotodama comme alternatives vocales des quatre symboles reiki courants :

kotodama

Prononciation

Symbole

ho ku ei

o kou è-i

Cho Ku Rei

ei ei ki

è-i è-i ki

sei he ki

ho a ze ho ne

o a zè o nè

hon sha ze sho nen

a-i ku yo

a-i kou yo

dai ku myo


Vraisemblablement, la théorie est que l’on peut substituer ces kotodamas aux symboles à travers le spectre complet de leur usage : les « traitements » de reiki, le denju (initiation), le reiju (échange d'énergie) et la méditation, etc. Cependant, les kotodamas en théorie ne sont pas des mots spécifiques ou des syllabes spécifiques. Il est dit que tous les mots japonais peuvent être des kotodamas alors qu'il est admis que la langue japonaise ne comporte pas de tokodamas. C'est un peu contradictoire car le tokodama existe uniquement lorsque l'on utilise l'esprit du mot ou l'esprit inhérent au mot en le verbalisant de façon primaire, gutturale. C'est pourquoi un même mot en japonais peut avoir différentes significations en fonction de sa prononciation.

Finalement, le kotodama serait-il le souffle du coeur de chaque mot ?

(Source : Reiki : mantra, jumon & kotodama - an attempt at a little clarification ... perhaps ? de James Deacon)

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